Il est des sujets qu'il vaut mieux aborder avec le minimum de précautions. L'islam en fait partie. Il y en d'autres: le terrorisme d'extrême gauche, la Mafia, les contrats internationaux illégaux d'armement, les narcotrafiquants, les collusions entre puissances d'argent et partis politiques…etc La grande erreur de l'intelligentsia occidentale fut de croire que l'islam était un sujet de débats intellectuels comme les autres. Ou même un espace de création littéraire, théâtrale, plastic… Erreur. Salman Rushdie ou Théo Van Gogh le payèrent ou de leur vie ou de leur liberté. Robert Redecker est en train de les rejoindre.
L'islam fut longtemps pour les intellectuels occidentaux une belle endormie. Vaguement attirante, étrange, exotique, mais fondamentalement inerte. Elle ne constituait pas vraiment un sujet d'interrogation essentiel. Le Socialisme, le Communisme, le Libéralisme, le Christianisme, Israël, le Judaïsme et la Shoha, le Nazisme, le Maoïsme, l'Impérialisme, l'Anti-Impérialisme, l'Anti-Racisme, la Société de Consommation, la Libération de la Femme, la Révolution Sexuelle, le Développement du Tiers-monde, l'Ecologie, la Science, l'Automobile, … voila ce qui passionnait l'élite intellectuelle européenne. Tout, à vrai dire, constituait un sujet plus actuel et pertinent. La chute du Shah et l'invasion soviétique de l'Afghanistan changea tout cela. On s'intéressa à l'islam. On n'y comprit pas grand-chose, mais on s'y intéressa. On l'étudia, on lui trouva des qualités, puis des défauts. Comme on en avait trouvé au Guévarisme, au Nouveau Roman français et au Tourisme de Masse. Et on critiqua lesdits défauts. Un peu comme on aurait critiqué l'Energie Nucléaire et la Course aux Armements. On n'aurait pas osé avec la Mafia. On osa avec l'islam. Ce fut une erreur.
L'affaire Redecker témoigne de la pauvreté morale et de l'inexpérience de notre société face à un problème ancien mais délaissé. Pauvreté morale, puisque le fauteur de trouble est rapidement abandonné à son sort par son entourage professionnel et social. Il est devenu un gêneur, une source de danger, un ennui. Qu'il se débrouille. Inexpérience, car l'islam, en tant que système totalitaire agressif, est installé aux portes de l'Occident depuis 1 400 ans. Nos ancêtres le craignait, le combattait, le connaissait. Les Révolutions organisationnelle et industrielle des 18e et 19e siècles ont repoussé la menace, la faisant disparaître de nos courtes mémoires. La voila revenue.
M.X.Villan 2.4.2008
|